Humidité, salpêtre, moisissures : comment s’en débarrasser ?
Une tache noire derrière une armoire, une peinture qui cloque en bas d’un mur, une poudre blanche qui réapparaît malgré un coup de pinceau… L’humidité est l’un des problèmes les plus fréquents dans l’habitat, et l’un des plus mal compris. On nettoie, on repeint, mais le problème revient. Pourquoi ? Parce qu’on traite le symptôme sans avoir trouvé la cause.
Dans ce 7e épisode de Tout sur l’Habitat, Fabrice reçoit Nicolas Borelle, expert humidité chez VIB Expertise, cabinet issu d’une trentaine d’années d’expérience dans le bâtiment et implanté dans le Grand Ouest, à Nantes et à Lorient. À ses côtés, Pierre Picorit de Murteriso, co-animateur de l’émission.
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Un cas concret : quand les taches reviennent après travaux
L’émission démarre avec une situation que beaucoup reconnaîtront : des traces noires apparues après le remplacement des fenêtres, puis des marques blanches au pied d’un autre mur. Pour Nicolas Borelle, le premier réflexe est simple : se demander ce qui a changé dans la maison. Nouvelles fenêtres, salle de bains refaite, intervention sur la toiture, mois très pluvieux… Le diagnostic est une véritable enquête, menée en trois temps : analyser, se concentrer sur les pièces touchées, puis remonter jusqu’à l’origine.
Isoler, oui… mais en ventilant
Les anciennes fenêtres en bois laissaient naturellement passer l’air. En les remplaçant par des menuiseries très étanches, on supprime ce renouvellement d’air. Résultat : l’humidité reste piégée. Nos invités le rappellent, une VMC ne fonctionne que si l’air peut entrer quelque part, d’où l’importance des petites entrées d’air en haut des fenêtres. Pierre Picorit le constate régulièrement chez Murteriso : des propriétaires qui ont isolé combles, fenêtres et planchers pensent devoir isoler davantage, alors que le vrai problème vient de la ventilation.
Salpêtre, taches noires, mérule : ce que la maison nous dit
Bonne nouvelle : le salpêtre n’est pas un champignon, c’est un sel minéral sans danger pour la santé. En revanche, c’est un indicateur fort d’humidité emprisonnée dans les matériaux. Les taches noires dans les angles, elles, traduisent souvent un air qui stagne derrière un meuble ou dans une pièce mal aérée. Nicolas Borelle évoque aussi la mérule, ce champignon redouté des charpentiers, qui commence à apparaître dans certaines zones.
L’épisode explique également pourquoi l’eau visible sur un mur n’est pas forcément entrée à cet endroit : une petite fuite en toiture peut cheminer le long d’une poutre ou d’une gaine électrique et ressortir plusieurs mètres plus loin. On distingue ainsi les remontées capillaires, venues du sol, des infiltrations liées à la pluie, à une gouttière ou à la toiture.
Le vrai-faux de l’humidité
- La moisissure vient forcément d’une mauvaise ventilation ? Pas toujours : une maison longtemps inoccupée ou une construction neuve mal séchée peut relâcher son humidité résiduelle une fois chauffée.
- Une maison ancienne est-elle forcément humide ? En partie faux. Il faut surtout la laisser respirer et éviter les matériaux non respirants sur les vieux murs.
- Un hygromètre à 50 % garantit-il des murs sains ? Non : l’humidité de l’air et celle des murs sont deux choses différentes.
Les bons réflexes avant de repeindre
Avant de sortir le pinceau, on observe : la couleur des traces, le moment où elles apparaissent, leur lien avec la météo. Repeindre trop vite avec une peinture à l’eau peut même aggraver le phénomène. Nos invités insistent aussi sur les enjeux à long terme : dégradation du bâti, fragilisation de la charpente, mouvements des sols après des périodes de sécheresse puis de fortes pluies, et effets possibles des moisissures sur la santé respiratoire, notamment chez les enfants. Un geste simple au quotidien : aérer 5 à 7 minutes par jour, chauffage coupé, même en hiver.
Le bon diagnostic avant les bons travaux
Ventilation, remontées capillaires, étanchéité extérieure : face à trois artisans aux avis différents, qui a raison ? Tous, peut-être, car les causes peuvent se cumuler. D’où l’intérêt de faire appel à un expert en amont : une expertise de quelques milliers d’euros peut en faire économiser bien davantage. Le mot d’ordre de l’épisode : observer, comprendre, diagnostiquer, puis agir, avec bon sens.
🎙️ Tout sur l’Habitat, une émission coanimée par Murteriso, est à retrouver chaque samedi à 11h sur RCA La Radio et RMN La Bretagne en Musique, ainsi qu’en podcast audio et vidéo sur YouTube et sur le site toutsurlhabitat.fr.