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02/10/2026

Informations

Invité.e.s

Pierre Picorit & Driss Sakami

Niveau

Intermédiaire 🤓

Thématique

Isolation

Durée

28 min

Prime énergie : les pièges à éviter avant de signer !

« Bonne nouvelle, vous avez droit à 5 000 euros de prime ! » Face à une telle annonce, le premier réflexe est souvent de vouloir signer tout de suite. Pourtant, une grosse prime ne veut pas forcément dire une bonne affaire. Dans ce sixième épisode de Tout sur l’Habitat, Fabrice reçoit Driss Sakami, Accompagnateur Rénov’ chez ADNE Ingénierie, aux côtés de Pierre Picorit, notre expert habitat de Murteriso. Ensemble, ils décryptent les primes énergie (CEE) : d’où elles viennent, comment leur montant est calculé, comment les obtenir et surtout comment ne pas passer à côté.

D’où vient la prime énergie ?

La prime énergie repose sur le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). L’État impose aux fournisseurs d’énergie, appelés les « obligés » (EDF, Engie, TotalEnergies, mais aussi les distributeurs de carburant et de fioul comme Leclerc, Auchan ou Super U), de faire réaliser des économies d’énergie aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités. C’est le principe du « pollueur-payeur », issu de la loi POPE. Pour éviter des pénalités, ces obligés financent une partie des travaux de rénovation énergétique.

Le kWh cumac, comment ça marche ?

Chaque action de rénovation génère des économies d’énergie mesurées en kilowattheures « cumac », pour cumulés et actualisés. Le calcul tient compte de la durée de vie du produit (environ 17 ans pour une pompe à chaleur, 30 ans pour une isolation) et de la baisse de ses performances dans le temps. Ces valeurs sont fixées par des fiches standardisées de l’État, mais le prix payé pour chaque mégawattheure cumac varie d’un obligé à l’autre. Résultat : pour un même projet, les montants proposés peuvent être très différents. D’où l’intérêt de comparer, notamment grâce au comparateur disponible sur toutsurlhabitat.fr.

Combien peut-on toucher ?

Il n’existe pas de montant universel. Tout dépend des travaux, de vos revenus et de l’obligé choisi. À titre d’exemple, une ventilation double flux peut ouvrir droit à environ 2 000 €, une pompe à chaleur jusqu’à 4 000 €. Un remplacement de fenêtres donnera des primes plus modestes, tandis qu’une rénovation globale sera plus avantageuse. À noter : on ne peut solliciter qu’un seul obligé par opération.

Ne comparez pas seulement les primes

C’est le piège principal. Prenons deux offres : la première affiche 18 000 € de travaux avec 5 000 € de prime, soit 13 000 € de reste à charge. La seconde propose 15 000 € de travaux avec 3 000 € de prime, soit 12 000 € de reste à charge. La plus grosse prime coûte finalement 1 000 € de plus ! Comme le rappelle Pierre Picorit, il faut d’abord regarder ce que l’on fait poser chez soi : qualité des équipements, des matériaux, de la pose et sérieux de l’entreprise. Driss Sakami insiste aussi sur les performances techniques exigées : un produit non conforme peut faire perdre la subvention.

Prime déduite du devis, entreprise RGE : ce qu’il faut vérifier

Certaines entreprises proposent de déduire directement la prime CEE de la facture. Cette pratique existe et simplifie les démarches administratives, mais il reste utile de vérifier que l’offre est bien la plus intéressante. Quant au label RGE, il est indispensable pour bénéficier des aides et constitue un vrai gage de qualité (contrôles réguliers, assurance décennale vérifiée chaque année). Cela n’empêche pas de bien lire ses devis.

CEE et MaPrimeRénov’ : sont-elles cumulables ?

Tout dépend du parcours choisi. Avec MaPrimeRénov’ par geste, les CEE sont cumulables. Avec MaPrimeRénov’ Parcours accompagné (rénovation d’ampleur), les CEE sont déjà intégrés et gérés par l’Anah : inutile d’en refaire la demande. En revanche, les aides locales (communes, métropoles…) peuvent s’ajouter. Un accompagnateur Rénov’ vous aide à y voir clair dans ces règles de cumul.

La règle d’or : sécuriser sa prime avant de signer

Les CEE ont un rôle incitatif : la demande doit être faite avant la signature du devis et le démarrage des travaux. Sinon, c’est trop tard, et ce sont parfois 2 000, 3 000 ou 5 000 € perdus. Pierre Picorit en a lui-même fait l’expérience lors du changement de sa chaudière ! Nos experts recommandent également de demander deux à trois devis auprès d’entreprises RGE locales, de conserver tous les documents (devis, factures, échanges) et de prendre des photos avant, pendant et après le chantier. Driss Sakami présente enfin le Carnet d’Information du Logement (CIL), qui assure la traçabilité de tous les travaux réalisés dans votre maison, un atout au moment de la revente.

En résumé, le parcours tient en cinq verbes : choisir, comparer, vérifier, signer, justifier. Pour bien démarrer, rendez-vous sur france-renov.gouv.fr, sur toutsurlhabitat.fr, ou contactez un accompagnateur Rénov’.

Tout sur l’Habitat est à retrouver chaque samedi à 11h sur RCA La Radio et RMN La Bretagne en Musique, ainsi qu’en podcast audio et vidéo sur YouTube et sur le site toutsurlhabitat.fr.

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Pierre Picorit & Driss Sakami

Niveau

Intermédiaire 🤓

Thématique

Isolation

Durée

28 min